Un amour de guerrier

Histoire érotique
16 Mars 2018

Ils faisaient l'amour comme ils faisaient la guerre. Brutalement, passionnément. L'adrénaline des combats faisaient battre leur cavalcade endiablée dans leurs oreilles, bien plus intense que le galop de leurs meilleurs chevaux. Même une fois tous les ennemis décimés et les mains encore ensanglantées, ce battement continuait à résonner, comme inassouvi par le sang. Certains guerriers fêtaient alors la victoire... Alors que les assoiffés s'en allaient finir ce qui avait été commencé. La fureur du combat inachevé... se perdait alors dans la chaleur des foyers.

Il se fout du sang qui imprègne ses vêtements, ses ongles, sa barbe. Le maquillage de guerre couvre encore sa peau, trois grandes griffures bleutées qui traversent ses yeux clairs, son nez droit, ses lèvres charnues. Son compagnon est dans le même état, dans cette même euphorie destructrice qui les prend tous, durant le combat. Le sang appelle le sang, mais quand il est insuffisant... la colère va ailleurs, décuplée, exacerbée. Leurs mains sont avides, brutales, alors qu'ils s'attrapent, se saisissent pour combler la distance entre eux. Le tissu est dur sous leurs doigts, de peau animale, de fourrure, de cuir soigneusement tanné. Ils trouvent tous deux les attaches avec une facilité déconcertante, retirant rapidement cuirasse, cape, tunique, bottes. Les vêtements décorés de broderies et de galons tapissent le sol, vite rejoins par les armes, épées et arcs. Eux sont nus, dressés l'un face à l'autre, affichant un corps à la fois si semblable et si différent. La nature, si charitable avec son peuple, les a dotés d'une musculature impressionnante, taillée par la chasse, par la guerre, par les combats. De nombreux tatouages décorent leur peau, encore plus de cicatrices, conteuses de leur histoire, de la dangerosité de leurs actions. Sous les doigts de l'un comme de l'autre, les légendes vivent, caressées, griffées. Ils relisent l'un dans le corps de l'autre les aventures qui ont fait d'eux des hommes à la fierté arrogante. Le combat est alors équitable.

L'un saisit l'autre au poignet, l'attire à lui, contre lui. Leurs corps sont brûlants, bien loin des glaces extérieures. Leur virilité se frôlent, se touchent, accentuant d'autant plus l'érection fière qui les tiraille tous deux. D'un même mouvement, ils tombent parmi les fourrures de la couche, sans se lâcher pour autant. Le combat est réel, brutal, leurs yeux flambants restent accrochés, hypnotisés. La question ne les limite plus, ils savent qu'ils se valent. Mais céder si facilement... ce serait une faiblesse. Alors ils se cherchent, se provoquent, se repoussent et s'attirent dans un même mouvement. C'est seulement une fois après s'être prouvé à eux-mêmes et à l'autre qu'ils ne sont pas en position de faiblesse que les barrières tombent. Enfin.

Un baiser furieux et des mains rudes qui frôlent, caressent, saisissent la chair offerte. L'un, plus téméraire que l'autre, saisit son compagnon à la base de sa virilité. Sous sa paume écorchée, le pénis pulse, grossit, droit et dur. Sa taille et son épaisseur n'ont rien à envier à celui de l'autre. Un geste lent, presque cruel, pour se jouer de ses plaisirs, si douloureusement offerts. Sous la rudesse des baisers, un gémissement, un soupir, un autre. Il est retenu, contenu, à peine osé. Ce simple souffle est presque comme une autorisation, une bénédiction pour aller plus loin. L'un pousse l'autre parmi les fourrures, offert, guerrier puissant au visage infiniment marqué par un plaisir d'une rare intensité. Les cuisses écartées, la respiration rapide, hâtée, l'autre regarde l'un qui le surplombe, sa virilité offerte à des caresses pressées. La main libre de l'un s'en va découvrir le torse de l'autre, caressant la musculature brute, un corps fait pour combattre, immensément taillé. Il frôle les cicatrices encore fraîches et celles, si profondément marquées, souvenirs de combats passés. Ses doigts, parfois, griffent la peau dure, abîmée... l'autre gronde, le saisit au poignet. Pas un mot, juste un regard. Il est loin d'être satisfait.

Le sexe du dominant presse d'abord doucement contre son entrée. Juste un contact, comme une façon de s'assurer qu'il est prêt. L'autre serre les dents, son corps se tend, mais il ne proteste pas. Alors lentement, il est pénétré, la chair du premier pénétrant dans celle du second. Un gémissement, presque grondement de tonnerre, rassemble les deux hommes dans un plaisir commun. Les mains se perdent, l'un reprenant la masturbation de l'autre, l'autre s'accrochant aux poils doux des bêtes tuées pour s'assurer une prise dans la réalité. Le combat peut recommencer.

Le rythme est lent, d'abord, comme celui des tambours alors que l'armée marche vers sa destinée. Une pénétration profonde et intensifiée par les larges mouvements de reins du dominant, sur le dominé. L'érection de ce dernier ne cesse de se durcir, frémissante à chaque assaut, menaçante d'une jouissance proche. Une main se referme à sa base, l'emprisonnant dans son extase, désireuse de faire durer le corps-à-corps pour l'un comme pour l'autre alors que cruellement, l'étreinte s'accélère. Les muscles du dos de l'assaillant roulent sous sa peau, alors qu'il s'en va plus fort, soufflant et grognant à mesure que l'acte s'intensifie. La fureur du combat bat encore dans ses veines, c'est avec cet homme qu'il se libérera, par une petite mort tant attendue, celle qui conclue l'affrontement.

Le roulement des tambours résonne à leurs oreilles, les ombres dansent sur les murs, les rugissements se font bestiaux. Un baiser, un autre, agressif et possessif. Les mains se perdent dans leurs longs cheveux, tressés, noués, décorés d'os et de plumes. Les ongles encore ensanglantés laissent des marques en croissant de lune sur la peau de l'un comme de l'autre. Encore, encore un peu, plus fort...

Le combat est gagné, les guerriers s'écroulent, épuisés, vidés de l'adrénaline qui les rendait jusqu'alors furieux. La jouissance de l'un est étalée sur son propre abdomen, sa virilité retombée. L'autre se retire lentement de la chair de son amant, se laisse aller à ses côtés. D'autant plus éreinté. Ils restent dans cette proximité, à seulement s'écouter respirer, à humer l'odeur puissamment masculine qui émane de l'un comme de l'autre. Leurs doigts se frôlent... déjà, ils songent au prochain champ de bataille.